Punaises de lit : que faire, dans l’ordre

Confirmer, traiter le linge et la literie, éviter les erreurs, puis faire venir un professionnel si elles reviennent. Les conseils de cette page viennent de la DGCCRF et du ministère de la Transition écologique.

1. Vérifier que ce sont bien des punaises de lit

Punaise de lit adulte (Cimex lectularius) vue de près sur un tissu
Punaise de lit adulte. Photo : CDC / Harvard University, Gary Alpert (domaine public)

L’adulte mesure 5 à 7 mm, la taille d’un pépin de pomme. Il est brun, plat, ovale, sans ailes : il ne saute pas et ne vole pas. Après un repas de sang, il gonfle et devient plus rouge.

Il passe la journée caché dans les coutures du matelas, le sommier, la tête de lit, les plinthes ou le canapé, et sort la nuit. Les piqûres ressemblent à celles d’un moustique et sont souvent groupées par 3 ou 4. Les petites taches noires sur le tissu, ce sont ses déjections. Un insecte capturé (scotch, sachet) suffit à un professionnel pour confirmer.

2. Ce soir : le linge, le lit, le canapé

60 °C

Lavez draps, housses et vêtements à 60 °C ou plus.

30 min

Ou passez-les 30 minutes au sèche-linge, en mode chaud.

−20 °C

Ce qui ne se lave pas : 72 heures minimum au congélateur.

120 °C

Vapeur sèche sur le matelas, le sommier et le canapé, puis aspirateur.

0 bombe

Les insecticides du commerce sont presque tous inefficaces contre elles.

D’après la fiche pratique de la DGCCRF.

Linge chargé dans un lave-linge
Photo : Sarah Chai, Pexels

Commencez par le lit et ce qui l’entoure, puis les pièces de vie. Passez la vapeur dans les recoins, brossez, aspirez. Fermez ensuite le sac de l’aspirateur, glissez-le dans un sachet plastique, jetez-le, et lavez le conduit à l’eau savonneuse : sinon, l’aspirateur devient un refuge.

3. Les erreurs qui aggravent tout

  • Vider une bombe insecticide. Inefficace dans la plupart des cas, elle peut disperser les punaises dans le logement.
  • Acheter un produit « miracle » sur un marché ou un site étranger. Les produits au dichlorvos, comme le « SNIPER 1000 EC DDVP », sont interdits depuis 2013. La DGCCRF fait état d’une centaine d’intoxications en 18 mois.
  • Sortir le matelas tel quel sur le trottoir, ou donner des meubles et vêtements infestés : le problème change simplement d’adresse.
  • Aller dormir dans une autre pièce sans rien traiter. Elles finissent souvent par vous suivre.
  • Signer le premier devis venu, surtout après un diagnostic par téléphone ou sur photo.

4. Quand appeler un professionnel

Si des punaises réapparaissent malgré ces gestes, il faut une entreprise de désinsectisation (on parle de « 3D » : désinfection, désinsectisation, dératisation). La DGCCRF conseille celles qui commencent par des méthodes non chimiques (aspiration, vapeur, chaleur, froid) et réservent l’insecticide aux cas qui résistent, appliqué par un technicien titulaire du certificat Certibiocide.

Pour en trouver une : la CS3D publie la liste des professionnels formés aux punaises de lit, et la page de votre commune (grandes villes, départements) donne les entreprises installées sur place et autour.

5. Choisir l’entreprise

  • Demandez au moins deux avis. Certaines entreprises font croire à une infestation qui n’existe pas.
  • Méfiez-vous d’un diagnostic à distance (téléphone, photo, visio). Mieux vaut un professionnel qui se déplace.
  • Exigez un devis détaillé : coordonnées de l’entreprise, prestations prévues, frais de déplacement, coût du devis, prix HT et TTC, conditions de paiement. Demandez aussi le protocole de traitement.
  • Vérifiez le certificat Certibiocide de la personne qui appliquera un insecticide, sur le site du ministère.
  • Ne payez rien avant l’intervention, et exigez une facture.
  • Signé chez vous ou en ligne ? Vous avez en principe 14 jours pour vous rétracter.
  • Un problème ? Signalez-le sur SignalConso, qui a un parcours dédié à la désinsectisation.

6. Signaler et se faire aider

Le site officiel stop-punaises.gouv.fr permet de signaler une infestation et de trouver des entreprises labellisées. Locataire : prévenez votre propriétaire par écrit, puisqu’un logement loué doit être « exempt de toute infestation d’espèces nuisibles et parasites » (loi ELAN de 2018). L’ADIL de votre département conseille gratuitement ; la Ville de Paris et la Métropole de Lyon indiquent le 0806 706 806.

Vos questions

Les autorités sanitaires ne les considèrent pas comme vectrices de maladies. Leurs piqûres démangent et peuvent provoquer des réactions de la peau ; le vrai coût est ailleurs : le sommeil, le stress et la facture. En cas de réaction importante, voyez un médecin ou un pharmacien.
Pas forcément : un matelas se traite à la vapeur sèche et à l’aspirateur, puis se protège avec une housse intégrale. S’il est trop abîmé, rendez-le inutilisable, emballez-le hermétiquement, écrivez dessus qu’il contient des punaises de lit et demandez à votre mairie comment il est collecté. Posé tel quel sur le trottoir, il contamine le suivant qui le ramasse.
Les punaises de lit ont développé des résistances. Selon la DGCCRF, la quasi-totalité des insecticides en vente libre sont inefficaces contre elles. Les produits plus puissants sont réservés aux professionnels titulaires du certificat Certibiocide.
Une infestation ne disparaît pas seule. Comptez souvent plusieurs semaines : des œufs peuvent éclore après un premier traitement. Demandez à l’entreprise si un second passage est compris dans son prix.